Ecrit par David le 30-11-2008 | Rubrique : Chroniques CD | Nombre de lecture : 2923
Autant vous l’avouer franchement ! Il y a réellement quelque chose qui me déplait dans cet album. Ce n’est certainement pas l’aspect musical, mais plutôt toute cette lourde émotion qui s’en dégage. Et j’en ai mis du temps à me décider à le chroniquer. J’ai pour ainsi dire un intense sentiment d’inquiétude à l’écoute de cet album.
D’autant plus que les deux précédents offrent de désagréables antécédents : Une tournée d’adieu à l’Europe en 2006. Février 2008, B.B.King sort un album live de 12 titres. Avril 2008, c’est un triple album des originaux du King qui est mis sur le marché. Cet été, voilà que l’on découvre dans les bacs « One Kind Favor » [1] , qui de par ce titre et le contenu, éveille davantage mes soupçons. Et en septembre c’était l’inauguration du B.B.King Museum ! J’ai donc cet atroce pressentiment que l’artiste et ses producteurs s’empressent de vouloir éditer le plus grand nombre d’archives musicales avant l’instant fatidique qui tournera l’une des plus grandes pages de l’histoire du Blues. Mais nous n’en sommes pas encore là et intéressons-nous de plus prêt à « One Kind Favor ». Après que B.B. King ait créé pléthore de tubes interplanétaires, l’artiste dédicace ce dernier enregistrement aux musiciens qui ont inspiré ses débuts : Blind Lemon Jefferson, T-Bone Walker, Chester Burnett [2] , Loonie Johnson, Mississippi Sheiks [3] , Oscar Lollie, John Lee Hooker, Big Bill Bronzy, Lee Vida Walker et John Willie « Shifty » Henry. Il s’équipe de matériels adéquats pour reproduire les conditions de studio des années 50. Le résultat est fidèle et préserve un aspect naturel. L’album est homogène et conserve la sincérité et la finesse du King, inimitable, rejouant à sa manière ceux qui furent les tubes qui lui ont permis de découvrir et de jouer le Blues, appuyer par Dr John au piano. Le plus célèbre des King du Blues nous tient en éveil d’une piste à l’autre, comme il a toujours su le faire, en jouant sur la sensibilité tantôt incisive avec des bends [4] , tantôt plus sensuel avec cette voix si chaleureuse qui a perdu un brin de sa vivacité. Les photos du livret ne nous laissent à aucun moment deviner l’état de santé du King, toujours visible de dos, de trois-quarts ou avec lunettes. Espérons qu’il continue à nous délivrer de somptueuses merveilles encore pendant de nombreuses années, car ce qu’il fait encore à 83 ans je suis incapable de le faire à 32 … Mais, c’est ça la magie du King du Blues !
B.B.King : guitare & chant Dr John : piano Jim Keltner : batterie & percussions Jay Bellerose : batterie Nathan East : contrebasse Mike Elizondo : basse Johnny Lee Schell : guitare Neil Larsen : Hammond B3 Darrel Leonard : trompette Eugene Snooky Young : trompette Ricky Woodard : saxophone ténor Charles Owens : saxophone ténor Ernie Fields Jr : saxophone barython Ira Nepus : trombone Keith Fiddmont : saxophone alto Randall Aldcroft : Euphonium (tuba ténor) Thomas Peterson : saxophone tenor Jeffrey Clayton : saxophone alto Alex Iles : Euphonium (tuba ténor) Stephen Bruton : guitare
Label / Prod.: Geffen Sortie : août 2008
Ecoutez un extrait de "Waiting For Your Call"
David
[1] One Kind Favor : une aimable faveur [2] Howlin' Wolf [3] Un des plus populaires Strings Bands des années 1930, formé à Jackson (Mississippi) en 1926, par Walter Vinson à la guitare et Lonnie Chatmon au violon. Bo Carter partagea la scène avec eux à plusieurs reprises. Ils sont les auteurs du célèbre hit « Sitting on Top of the World ». [4] Technique guitaristique qui consiste à tirer (ou pousser) une ou plusieurs cordes sur le manche de la guitare, afin de modifier la hauteur de la note.
bizaement j'ai le meme sentiment que toi l'ami meme si j'ai beaucoup aime l'album je trouve le grain de sa voix different et empreinte d'emotion a son ecoute