Suite à notre appel, un nouveau membre est venu grossir nos rangs : il s'agit de Christian Augustin, également membre du trio Picon Blues. Bienvenue à lui !
Ecrit par David le 23-02-2009 | Rubrique : Chroniques CD | Nombre de lecture : 1569
Entre bluesman et one man band, de par Mississippi, Corse et volcans d’Auvergne, et au travers de Dobro National et de Fender Stratocaster, c’est ça la “petite” histoire du Blues de Jérôme Pietri. Je pense que vous l’aurez deviné, le qualificatif élu par l’artiste vient seulement du fait que Jérôme possède une très grande humilité et un grand cœur. Des qualités qui ruissellent jusqu’au bout de ses doigts, pour distiller le raffinement de tout un art.
Un mythe de la musique voudrait que le rockeur fasse tôt ou tard le retour aux racines, celles du Blues. Légende urbaine ou réalité, même Iggy Pop a eu sa période Blues avec The Prime Movers. Bien prétentieux celui qui, dans sa boule de cristal, prédira au final, quand le pape du Rock reviendra plonger dans le Blues. C’est le chemin emprunté par Jérôme Pietri : un pied dans le Blues et l’autre dans le Rock, sans jamais mollir. Depuis ses 15 ans où il découvre l’univers Rock et Blues des Rolling Stones, des Animals, de Pink Floyd et des Who, Jérôme transbahute sa guitare à droite, à gauche. C’est certainement sa rencontre avec Mick Ronson (guitariste de David Bowie) qui va le pousser vers le Rock, pour quelques années succinctes. De son groupe de Rock SOS, en passant par celui de Texas Blues El Diablo, Jean Louis Murat et Too Bad, voilà maintenant 3 ans que la « Little Blues Story » a débuté. « Petit », alors nous dit-il ! Ni ironie, ni sarcasme… Juste la pudeur d’un homme, pour nous présenter son histoire du Blues. « Large et vaste » sont les voies que Jérôme emprunte pour nous faire partager l’admiration des grands noms du Blues et ce fabuleux voyage. Un homme méthodique et appliqué, qui en même temps où il plante le décor, se permet un strip-tease de technicité de jeu, qui va aussi bien en affecter quelques-uns, que les jalouser. Slide, dobro, finger picking, Jérôme vampirise tous les codes et toutes les formules pour faire retentir le Blues et manier avec brio ses instruments. Si technicité il y a, le feeling ne manque pas ! Et il en faut plus d’une marmite pour faire vibrer le Blues, comme le fait Jérôme. Une maestria, déconcertante, à l’écoute de « Slidin’ Delta » de Mississippi John Hurt, où l’on frôle le mimétisme. Admirable ! Si sur ce terrain Jérôme est imbattable, il reste néanmoins un challenge plus important à passer qui est celui de la réadaptation. Au fil de ce pèlerinage, d’étape en étape, il nous conduit à petits pas vers une définition plus personnelle de la musique, qu’il partage entre autres avec Fabienne Della Moniqua sur « Gospel Train » de Sister Rosetta Tharpe ou à cet hommage à Freddie King. Nouvel atout convaincant de l’artiste. Je félicite une nouvelle fois Jérôme, pour le Black Betty qu’il rend à César, du moins à Leadbelly, en apportant une bichromie Blues à l’interprétation. En mettant à nu tant de savoir, Jérôme sait dorénavant qu’il est attendu sur un registre plus personnel.