Ecrit par Benoît le 28-05-2009 | Rubrique : Infos | Nombre de lecture : 2043
C’est une véritable leçon d’histoire que nous a concocté cette année l’équipe de « Lam’ du Blues », en recevant quatre musiciens de légende qui perpétuent l’histoire du Chicago Blues. Billy Boy ARNOLD, John PRIMER, Billy BRANCH et Lurrie BELL ont sorti au mois de février un album intitulé « Chicago Blues A Living History ». Au travers de ce projet c’est un hommage qui est rendu au Chicago Blues, devenu une tradition vivante de la culture musicale américaine. C’est donc dans le cadre de ce projet que nous aurons l’immense honneur d’assister en live à ce qui se fait de mieux en la matière. En première partie de soirée, c’est Roland TCHACKOUNTE qui ouvrira la 5ème édition de « Lam’ du Blues ».
Roland TCHACKOUNTERoland Tchackounté est né au Cameroun. Il débute la musique en s’essayant à divers instruments, des percussions à la guitare en passant par l’harmonica et le piano. C’est finalement en tant que bassiste chanteur qu’il prend place dans différentes formations au Cameroun, avec pour répertoire des reprises de James Brown et autres Wilson Pickett. Il découvre le Blues en écoutant John Lee Hooker, qui restera son influence principale. C’est alors décidé, le Blues sera son langage. Ses racines africaines, ses influences blues et son dialecte « bamiléké » en font un artiste tout à fait singulier. Il qualifie sa musique de « mélodie sauvage ». Son premier album « Bred Bouh Shuga Blues » sort en 1999, suivi de « Abango » en 2005, enregistré en duo acoustique. De nombreuses tournées s’enchaînent et il prend la route avec son complice, le guitariste Mick Ravassat. Le duo intègre finalement un troisième élément en 2006, (et devient donc un trio) en la personne de Mathias Bernheim, batteur percussionniste au jeu à la fois simple et efficace, qui colle parfaitement au son de la musique de Roland Tchacounté. Son nouvel album « Waka » sort en février 2008. Depuis il est à nouveau sur les routes du monde entier et il fera escale le 10 juillet à Lamanon. Nul doute que sa mélodie sauvage nous fera le plus grand bien.
Billy Boy ARNOLDWilliam « Billy Boy » Arnold est né le 15 septembre 1935 à Chicago. Il est l’un des premiers architectes du son du Chicago Blues électrique dans les années 50. Il débute la musique à 13 ans, en apprenant à jouer de l’harmonica avec Sonny Boy Williamson. Sa première leçon reste la chose la plus excitante de toute sa vie, elle sera l’élément déclencheur de sa vocation. Il a d’ailleurs rendu hommage à son mentor en 2008, avec l’album « Billy Boy Sings Sonny Boy » . Son premier enregistrement date de 1952, avec le single « Hello Stranger », paru sur un label local (Cool), qui lui donna d’ailleurs le surnom de « Billy Boy ». Par la suite, il travaille avec Bo Diddley et enregistre le hit I ‘m A Man, sur lequel il joue les parties d’harmonica. En plus d’être un sideman, Billy Boy Arnold décide de développer sa propre musique et signe avec le label VeeJay, sur lequel il enregistre notamment les titres « I Wish You Would » et « I Ain’t Got You », repris plus tard par Eric Clapton et les Yardbirds. Les années 60 sont une période difficile pour les bluesmen à Chicago et Billy Boy Arnold n’est pas épargné. Il est contraint de trouver un travail extra musical pour continuer à payer les factures. Il revient au Blues au début des années 70, et depuis il a sorti des albums chez Alligator Records, Stony Plain et Electro-Fi. Billy Boy Arnold est l’un des derniers piliers des origines du Chicago Blues, et pour le bonheur de tous les passionnés que nous sommes, il est encore présent sur les scènes internationales.
John PRIMERJohn Primer est né le 3 mars 1945, dans le delta du Mississippi. Rapidement sa grand-mère le berce aux sons de Jimmy Reed, Muddy Waters, Little Milton, Elmore James, B.B. et Albert King . Il a tout juste huit ans lorsqu’il s’attaque à la guitare, influencé par sa famille qui baigne dans le gospel et les chant religieux. Il fait ses premières armes sur scène en jouant aux fêtes familiales et aux barbecues du quartier. C’est à 18 ans qu’il choisit de partir à Chicago avec l’espoir de trouver du travail et un public pour sa musique. C’est pari gagné puisqu’il forme son premier groupe, The Maintainers, avec lequel il arpente les clubs du West Side. En 1974, il a l’honneur de remplacer John Watkins dans le groupe maison du Theresa’s Lounge, dans le South Side de Chicago. Cette expérience va lui permettre de rencontrer et de jouer avec les légendes que sont Sammy Lawhorn, Junior Wells, Buddy Guy, Smokey Smothers ou Lonnie Brooks. En 1979, c’est le grand Willie Dixon qui lui propose une place dans son groupe, The Chicago All Stars. Cela va lui donner l’occasion de perfectionner ses techniques de guitare, mais aussi de développer sa voix. Mais comme John Primer est né sous une bonne étoile, c’est un autre géant du blues qui va s’intéresser à lui, the Hoochie Coochie Man : Muddy Waters. John intègre donc le groupe de Muddy Waters, mais assure aussi ses premières parties !! Il jouera avec lui jusqu'à sa mort en 1983. Il prend place ensuite dans le groupe de Magic Slim, The Teardrops, et tourne dans le monde entier pendant 14 ans. Depuis 1995 il travaille son propre son, et avec 10 albums au compteur il continue les tournées de façon intensive. John Primer est un maître du Chicago Blues, au phrasé inspiré, ancré dans la tradition et au son inoubliable. Un must.
Billy BranchBilly Branch est né à Chicago en 1951. Il commence à jouer de l’harmonica à 10 ans. A la fin des années 60 il est totalement intégré à la scène blues de Chicago et acquiert un enseignement tiré des grands harmonicistes que sont Big Walter Horton, James Cotton, Junior Wells et Carey Bell. En 1975, un « duel » d’harmonica l’oppose à la légende Little Mac Simmons, et le jeune Billy en sort la tête haute. Sa renommée commence à grandir. Il grave ses premiers titres sur le label Barrelhouse en 1975, puis il est recruté par Willie Dixon dans le Chicago Blues All Stars, au sein duquel il remplace finalement Carrey Bell. Il forme ensuite les « The Sons Of The Blues » avec Lurrie Bell, Freddie Dixon et Garland Whiteside. Ils enregistrent chez Alligator Record « Living Chicago Blues sessions ». Billy Branch est un harmoniciste incroyablement demandé, sur scène ou en studio. Il a côtoyé de nombreuses légendes du blues dont Muddy Waters, Big Walter Horton, Son Seals, Lonnie Brooks, Koko Taylor, Johnny Winter et Albert King. En 1990 il enregistre l’album « Harp Attack » chez Alligator Records, aux côtés de 3 harmonicistes de légende que sont Carey Bell, Junior Wells et James Cotton. Par ailleurs, Billy Branch transmet la culture blues à des milliers d’écoliers à travers son programme éducatif « Blues In The Schools ». Billy Branch est un des rares musiciens authentiques issus de la tradition d’harmonica blues élevé au son de Chicago.
Lurrie BellLurrie Bell est né le 13 décembre 1958 à Chicago. Il est le fils du grand harmoniciste de blues Carrey Bell. Dès son plus jeune âge il est plongé dans la musique, le foyer familial est ancré dans le blues. Il débute la guitare à 6 ans et tire son enseignement auprès de guitaristes qui passent répéter à la maison, tels que Eddie Taylor, Eddie C. Campbell, Eddy Clearwater (son cousin), ou Jimmy Dawkins. Il forme son premier groupe à 15 ans, mais les choses sérieuses débutent à 17 ans, lorsque il se joint à Billy Branch pour former les « The Sons Of Blues ». Lurrie Bell est reconnu pour sa connaissance de diverses formes de blues et sa maturité musicale, il s’impose comme un guitariste à la sensibilité et à l’intensité exceptionnelles, ce qui lui vaut des articles dans « Rolling Stone » et le « New York Times ». A 20 ans, il est engagé par Koko Taylor et part sur les routes pendant 4 ans. Il apprend alors les règles du métier. Puis il retourne jouer avec son père dans le Carey Bell’s Blues Harp Band. Malheureusement, des problèmes de santé l’éloignent de la scène et des studios pendant une bonne partie des années 80. Il enregistre 4 albums dans les années 90 pour le label Delmark, puis Cuttin’ Heads en 2002, Second Nature en 2004 (en duo avec son père), et Let’s Talk About Love en 2007. Il est élu « guitariste le plus exceptionnel » en 2007 dans le sondage du magazine Living Blues. Lurrie Bell reste l’un des plus importants guitaristes traditionnels du Chicago Blues.
Lieu : parc de platanes - Lamanon - Cliquez ici pour visualiser le plan Heure : 21h00 Tarifs : 15 /20 € Benoît
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