Ecrit par Benoit le 12-07-2009 | Rubrique : Comptes rendus de concerts | Nombre de lecture : 2027
Le 26 juin dernier, le rendez vous était donné à 21h à l’espace Auzon à Carpentras. La 4ème édition de la nuit du blues accueillait cette année Sharrie Williams et Larry Garner. Le public a répondu présent et s’est déplacé en masse pour assister à l’évènement.
Sharrie WILLIAMSLes Wiseguys de Sharrie Williams débute le concert par un morceau instrumental : le backing band est à l’aise et la mécanique bien huilée. Une fois la salle chauffée par ces quatre mercenaires, Madame Williams arrive sur scène avec « Jealousy », un slow blues d’exception. La sauce prend de suite, le feeling est là et la voix de Sharrie Williams est portée par les musiciens qui accentuent les moindres intonations. Le guitariste nous sert des phrasés jazz blues de toute beauté, au touché impeccable. On passe ensuite à un répertoire plus soul funk, où l’ombre d’Aretha Franklin n’est jamais bien loin. La structure et l’esprit des morceaux allient des passages nuancés tout en finesse à des riffs puissants qui laissent exploser l’énergie débordante de Sharrie Williams. La salle est pleine et à l’appel de la reine du « Rockin’ Gospel Blues », tout le monde se lève pour danser sur « I Am Here To Stay », qui donne lieu à un question-réponse entre la guitare et le clavier, pour terminer en un gospel endiablé. Une petite improvisation jazzy permet au guitariste de changer une corde cassée, puis l’ambiance s’adoucit avec une ballade aux accents seventies « Out Of The Dark ». Le bassiste lance ensuite une tourne funk rock pour clôturer le concert sur un titre pêchu : « Power ». Après un set rondement mené, on en redemande forcément. Le rappel arrive avec un swing sur lequel les musiciens nous font une démonstration de danse à tour de rôle.
Larry GARNERLe set de Larry Garner démarre lui aussi par un blues funky instrumental. Puis place à un shuffle qui permet au sonorisateur d’ajuster quelques réglages. La section rythmique assoit parfaitement le groove des morceaux. Le bassiste fait preuve d’une technique et d’une maîtrise de son instrument tout à fait remarquables. Avec « Juke Joint Woman », Larry Garner pose les bases d’un blues très classique, joué avec un naturel édifiant. Il rend ensuite hommage à Muddy Waters en mixant « Mannish Boy » et « Hoochie Coochie Man ». Cela reste pour moi le grand moment de la soirée. La reprise est splendide, une voix brute et puissante, une rythmique qui pulse, un son de guitare crunchy à souhait et un clavier qui embellit le tout… un régal.
|
Larry Garner nous raconte ensuite l’histoire de sa vie, la façon dont sa musique a évolué en mélangeant différents styles, notamment le blues et le funk. Puis place à un morceau funky où chaque instrument prend la parole. Un nouvel hommage est rendu à un autre grand nom du blues : Jimmy Reed, avec « Baby, What You Want Me To Do », un des standards les plus revisités, et le public reprend le texte à l’unisson. Sur le morceau suivant, le clavier nous assène un solo progressif surprenant, sur des ambiances mineures.
Sharrie Williams et ses musiciens rejoignent alors Larry Garner un peu éméché (il doit apprécier le rosé), pour une ballade soul, témoignage d’amour et d’amitié.
Puis on quitte la salle doucement, le sourire aux lèvres, preuve d’une soirée réussie.
Benoît
|