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Wayne Lavallee au Sonograf
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Ecrit par Lydia le 05-12-2009 | Rubrique : Comptes rendus de concerts | Nombre de lecture : 373
Le hasard fait parfois mal les choses. Un match de foot malencontreusement programmé ce mercredi 18, et c’est devant un public malheureusement clairsemé que s’est produit Wayne Lavallée ce soir là au Sonograf’. Tant pis pour les absents, qui se sont auto-punis en se privant d’un très bon concert à la fois agréable à l’oreille et instructif.
Certains spectateurs ont d’ailleurs été assez surpris, qui n’avaient pas dû écouter l’album auparavant, d’entendre un programme plus folk que blues, Wayne Lavallée s’étant muni en tout et pour tout d’un tambour traditionnel amérindien et d’une guitare folk. Et pourtant il suffisait d’avoir des oreilles tant soit peu ouvertes à la nouveauté pour apprécier à la fois le talent du Monsieur, ainsi que sa modestie et sa sincérité.Pour sa première tournée en France , c’est donc à un mélange entre blues folk et musique traditionnelle accompagnée au tambour, et toujours cadrée d’une petite explication – rappelons qu’au Canada, mr Lavallée anime des ateliers pédagogiques et didactique afin de faire connaitre le folklore traditionnel amérindien à ses compatriotes , autant les non natifs que les natifs coupés de leur racines. Car, comme il l’explique, à l’instar de ce qui s’est passé pour les Aborigènes d’Australie, la campagne d’assimilation culturelle des indiens, avec séparation des familles et éducation des jeunes dans des centres spécialisés, s’est poursuivie jusqu’à la fin des années 70. Bien sur, cela donne au concert une tonalité politique assez déroutante pour ceux qui voulaient du blues et juste du blues, mais justement, et c’est ça qui est passionnant, et là je parle en mon nom propre, ça fait un bien fou de voir que la musique peut encore être un mode d’expression au sens le plus engagé du terme, dans cette époque terne de consensus mou. Pour ce qui est de la prestation en elle-même, Ceux qui ont écouté l’album « Trail of tears » auront retrouvé sans peine les titres marquants, « Trails of tears », ,« the Tonto project » , « sacred journey », » « I’m your illusion ».. mais dans une version acoustique encore meilleure que celle de l’enregistrement, car plus simple et qui met plus en valeur la voix originale du chanteur. A ce sujet, et sans rentrer dans des considérations trop pointues de techniques vocale, ce qu’il fait est assez intéressant. En effet, il arrive – et ça, c’est très fort et ça n’est pas donné à tout le monde- à changer du tout au tout de placement vocal entre les morceaux traditionnels et ses compositions personnelles, parfois même au milieu d’un même morceau ( c’était particulièrement sensible sur Sacred journey). En clair, sa voix résonne très différemment, beaucoup plus mordante et gutturale sur les thèmes indiens, beaucoup plus ronde et souple sur les compositions personnelles. Cela dit, il assure également sans problème à la guitare et finit comme si de rien n’était en dépit d’une corde cassée en plein au milieu de « I’m you Illusion » . Avec toujours, même en acoustique, ces sonorités déjà présentes sur l’album qui ne sont pas sans rappeler le Kashmir de Led Zep. En définitive, une très bonne soirée pour peu qu’on accepte de se laisser emmener en terre ( sonore) inconnue, et en espérant que le public soit plus nombreux au rendez-vous lors de son prochain passage sous nos latitudes. Lydia
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